FEUGEREUX   sa vie    

Jean (1923-1992) peintre-graveur

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Né à la ferme du château de Saint-Germain à Fresnay-l'Evêque (Eure-et-Loir) le 25 septembre 1923. Son père, Raoul, y était chef de culture. Il dessina tout jeune les poules dans la cour de la ferme, puis ses six frères et sœurs (plus tard naîtra un huitième enfant). Des études classiques à Chartres sous la houlette de son grand-père, Alphonse Marré, organiste de la cathédrale de 1911 à 1943, ne le destinait pas à l'école d'agriculture. Et pourtant c'est en véritable paysan qu'il aborda la vie adulte. Bien vite, avec l'aide du peintre Renefer (1879-1957), il devint le chantre de cette terre qu'il savait travailler.

Il présenta sa première peinture au Salon des Indépendants en 1946. Rapidement introduit dans le monde artistique de la capitale, il devint président du Salon de Boulogne-Billancourt à 29 ans, fut un des fondateurs du Salon Comparaisons à 31 ans. Directeur de l'enseignement d'une grande école de dessin par correspondance qui eut jusqu’à 50 000 élèves simultanément à travers le monde, il travaillait la nuit à sa peinture, démontrant, comme il le fit toute sa vie, sa formidable capacité de travail et son merveilleux appétit de vivre. Parallèlement à ses expositions personnelles régulières à Paris (galeries Saint-Placide et du Nouvel Essor), il présenta ses œuvres dans de très nombreuses régions en France ainsi que dans plusieurs grandes villes étrangères (Genève, Vienne, New York, Tokyo...). En 1985, sa rétrospective chartraine, à la collégiale Saint-André, fut un retentissant succès.

A sa mort à Chartres, le 3 février 1992, Jean Feugereux était membre d'honneur de la Maison des Artistes, président de Fra Angelico, association d'aide médico-sociale aux artistes, et président de l’ADAGP (les droits d’auteurs des artistes). Il travaillait et vivait dans son presbytère de Prasville (Eure-et-Loir) et, plus rarement, dans son atelier de la rue Erard dans le XIIe arrondissement de Paris.

 

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Il laisse derrière lui un œuvre important de peintures, aquarelles (où il excellait), dessins et gravures au burin et sur bois (plus de 300 planches gravées). Comme illustrateur, on retiendra sa magistrale illustration de La Terre de Zola (pour le centenaire en 1987), celle de La Farine du Diable de Paul Vialar. Sa longue complicité avec Charles Péguy sera marquée par deux expositions à Chartres : La route de Péguy (1961) et La dernière marche de Péguy (1963).

Jean Feugereux était aussi écrivain comme en témoignent ses Lettres de Beauce (1974) ou ses Horizons de Beauce (1991), sa très abondante correspondance et ses nombreux manuscrits. Un grand et beau livre, publié au cherche midi éditeur en 1997, réunit ses textes sur la Beauce illustrés de ses plus belles œuvres.

Depuis sa mort, on retiendra particulièrement l’exposition des Ciels au château d’Amboise et au musée de la Poste de cette ville, accompagné d’un catalogue réunissant les textes de Jean Feugereux ainsi que l’ensemble de ses peintures sur ce thème (1995), l’exposition de la Maison de la Beauce à Orgères en 1996, mais aussi la création à son nom d’une rue à Toury, d’un parc à Janville et d'une salle communale à Voves, trois bourgs de Beauce - et d'un square à Chartres. Il faut y ajouter les hommages nationaux, en particulier celui de la Société Nationale des Beaux-Arts au Grand Palais à Paris.

Le Cercle Jean Feugereux a été constitué après sa mort pour défendre son œuvre et perpétuer sa mémoire.