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Directeur de
l’Ecole ABC pendant plus de trente ans, j’ai eu l’occasion de dépanner
maints artistes en leur offrant un poste de professeur, surtout
lorsqu’ils étaient en difficultés matérielles. Il est arrivé que
certains d’entre eux cessent leur collaboration sans même me prévenir
personnellement. Je considérais qu’ils n’avaient plus besoin de moi et que c’était tant mieux pour eux.
Au milieu de
ces activités diverses il eût fallu faire des courbettes, flagorner,
se mettre en avant, pour en tirer avantage. J’ai toujours considéré
que c’eût été m’abaisser et je ne l’ai jamais fait.
Professionnellement
cela ne m’a évidemment pas réussi et je suis toujours resté en
dehors des prix et des récompenses parce qu’il aurait fallu les
solliciter.
Grâce à
cela je suis resté parfaitement indépendant et je ne dois de merci à
quiconque.
J’ai par
contre – et j’ai eu car certains ne sont plus – des amitiés fidèles
et elles sont ma récompense :
Nakache,
Fontanarosa, Yves Brayer, Paul Charlot, Paul Braig, André Beloni, Paul
Girol, Daniel Du Janerand… Paul Collomb, Hambourg, Zendel, Jeanne
Socquet, Yann, Claude Schurr…
J’ai eu la
chance de connaître de nombreux artistes, parmi les plus grands… qui
étaient d’ailleurs les plus modestes… et dont certains m’ont
beaucoup appris : Villon, Dunoyer de Segonzac, Dignimont, Utrillo,
Quizet, Heuzé, Paul Deltombe, Peynet, Jean Effel, bien sûr Renefer…
et bien d’autres.
Il y a plus
de richesse dans de telles rencontres et relations que… sur mon compte
en banque.
Mais j’ai
de tous, ou presque, une œuvre en souvenir. Et pour moi, chacune est
une joie.
Une seule
suffit à faire vivre et revivre chaque artiste, chaque ami. Et c’est
d’ailleurs grâce à son œuvre qu’un artiste ne meurt pas. |