J. Feugereux

peintre graveur écrivain

le pays bigouden

 

 

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Jean Feugereux

Fresnay-L'Evêque

25 septembre 1923

Chartres

3 février 1992

peintre figuratif

de l'école française

a vécu et travaillé

à Paris et à Prasville

originaire de Beauce

Eure et Loir France

 

 

 

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Le texte de l'artiste ci-dessous est extrait d'un petit carnet rouge et noir. Il y écrit ses souvenirs du Pays Bigouden et dévoile ses préoccupations de peintre.

La première partie de ce texte a été publiée peu de temps avant sa mort par les éditions Nanga, sous le titre : Gris bretons.

 

Un autre carnet, identique au premier, contient plus de cinquante aquarelles, réalisées à l'atelier d'après d'anciens croquis. Ce n'est que dans les toutes dernières années - et en raison de sa maladie - que Jean Feugereux a créé ainsi des aquarelles ; il les a toujours exécutées sinon sur le motif.

 

 

 

 

Aujourd’hui (1988) et depuis quelques années déjà, Saint-Guénolé, La Torche, Tronoën, me retiennent davantage. Je n’aime plus autant ce que sont devenus Lesconil et Le Guilvinec, déjà trop industrialisés. Saint-Guénolé reste un port à ma mesure… moins encombré, moins rationalisé.

Assurément la Nature l’a protégé avec ses rochers et ses courants qui font de l’entrée du port un dangereux passage.

 

Ceci me rappelle qu’un jour où je dessinais cette entrée du port (aquarelle 29) une vieille Bretonne me raconta que, deux ou trois ans auparavant, un chalutier qui amorçait sa rentrée avait été déporté vers les rochers sur la gauche et que l’on n’a jamais plus revu ni le chalut ni les marins.

 

La force des courants est impressionnante, même vue de loin, car pour ma part je reste prudemment sur la terre ferme, n’ayant pas du tout le « pied marin ».

 

La puissance des vagues déferlant sur les rochers ne l’est pas moins.

 

C’est tellement vrai qu’il y a quelques années un énorme tanker, circulant pourtant loin de la côte et vraisemblablement pris par une lame de fond, a « atterri » par-dessus les rochers, à quelques dizaines de mètres seulement de l’Hôtel de la Mer, où je réside maintenant lors de mes séjours de travail.

 

A la pointe de La Torche également la mer est, certains jours, d’une violence inouïe… ce dont les vacanciers ne se méfient d’ailleurs pas assez.

 

A cause d’elle j’ai failli perdre mon coiffeur de la rue de l’Ancienne Comédie qui, passionné de photos et se croyant à l’abri d’un gros rocher, a été emporté par une soudaine et énorme vague.

 

Je ne sais plus comment il s’en est sorti, mais je sais que ce ne fût pas en bon état.

 

Pourtant… que c’est beau Penmarc’h ou Tronoën du haut de la Pointe de La Torche ! (27 et 28) On peut rester des heures à contempler et à rêver… à peindre aussi. Bien que les vagues soient assez loin en bas, leur bruit est assourdissant et il s’y mêle celui du vent qui souffle en rafales. Dès que l’on se retourne pour regarder l’immensité de la mer, on se sent redevenir ce que l’on est : une minuscule fourmi par rapport à la Nature !

 

 

 

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20 ans... c'est l'occasion de revoir les peintures, les aquarelles, les dessins, les gravures, en particulier dans les galeries qui présentent de façon continue l'œuvre de l'artiste.

C'est aussi la possibilité de lire ses écrits et de feuilleter les livres parus sur sa peinture.

C'est enfin être informé directement et bénéficier de nombreux avantages à travers la revue Nanga - écrits de peintres

 

 

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tél.: 02 38 62 09 75

 

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11 rue Louis Lomenech

tél.: 02 98 06 13 30

www.correlleau.com

 

 

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Vous trouverez sur ce site des informations sur les événements prévus en 2012-2013, elles seront relayées par la presse régionale et artistique, les radios locales... Mais si vous voulez être invités aux manifestations, lire des textes inédits de l'artiste, disposer de documents exclusifs en téléchargement gratuit, profiter de prix de souscription pour les ouvrages à venir... Vous aurez tout cela et plus encore en vous abonnant à la

 

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Dans le premier numéro, un texte et des illustrations (inédit !) sur la montagne (Saint-Gervais Mont-Blanc, Les Bossons)

 

 

 

écrits du peintre

 

 

Dernière page de son dernier carnet

 

Le vent souffle en tempête et... j'adore cela !

Dans l'atelier les poutres grincent bruyamment et les sifflements sur le toit ne sont autres que le vent qui s'engouffre sous les ardoises. Par moment tout s'obscurcit  et c'est un vrai déluge de pluie qui martèle les ardoises.

Comme je suis, presque en permanence, assis sur le divan avec une patte allongée sur un tabouret et que je n'ai donc pas un labeur écrasant, il m'importe peu d'être subitement plongé dans la pénombre. C'est même mieux pour rêver et pour se détendre... encore que les douleurs dans la jambe et dans l'aine soient un constant rappel aux réalités du moment.

Or, la Nature en colère correspond mieux à ces réalités qu'un temps calme et doux.

Voilà pourquoi cela me satisfait de voir, au dehors, les hautes branches des bouleaux qui balayent le ciel de droite et de gauche, tout comme les essuie-glaces d'une voiture. Cela donne des rythmes, des balancements, qui accompagnent mes vieilles douleurs.

En même temps, et curieusement, cela me stimule. Si cela ne sert présentement à rien puisque je ne peux pas faire grand chose, par contre cela fait renaître avec une certaine colère une question que je me pose depuis longtemps :

Comment se fait-il que nous, Artistes peintres, graveurs, sculpteurs... nous ne soyons pas capables - par individualisme forcené - de dépasser nos petits problèmes de personnes, de salons, de tendances, au profit de notre profession toute entière ?