FEUGEREUX  

et le Pays bigouden

 

Jean (1923-1992) peintre-graveur

 

L'ARTISTE

thèmes

Bretagne

   

Le texte de l'artiste ci-dessous est extrait d'un petit carnet rouge et noir. Il y écrit ses souvenirs du Pays Bigouden et dévoile ses préoccupations de peintre.

La première partie de ce texte a été publiée peu de temps avant sa mort par les éditions Nanga, sous le titre : Gris bretons.

Un autre carnet, identique au premier, contient plus de cinquante aquarelles, réalisées à l'atelier d'après d'anciens croquis. Ce n'est que dans les toutes dernières années - et en raison de sa maladie - que Jean Feugereux a créé ainsi des aquarelles ; il les a toujours exécutées sinon sur le motif.

 

 

Cliquez ! Saint-Guénolé, aquarelle

Cliquez ! Chapelle de Tronoën, aquarelle

Cliquez ! De La Torche vers Penmarc'h, aquarelle

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© ADAGP  © JFE

 
Aujourd’hui (1988) et depuis quelques années déjà, Saint-Guénolé, La Torche, Tronoën, me retiennent davantage. Je n’aime plus autant ce que sont devenus Lesconil et Le Guilvinec, déjà trop industrialisés. Saint-Guénolé reste un port à ma mesure… moins encombré, moins rationalisé.

Assurément la Nature l’a protégé avec ses rochers et ses courants qui font de l’entrée du port un dangereux passage.

Ceci me rappelle qu’un jour où je dessinais cette entrée du port (aquarelle 29) une vieille Bretonne me raconta que, deux ou trois ans auparavant, un chalutier qui amorçait sa rentrée avait été déporté vers les rochers sur la gauche et que l’on n’a jamais plus revu ni le chalut ni les marins.

La force des courants est impressionnante, même vue de loin, car pour ma part je reste prudemment sur la terre ferme, n’ayant pas du tout le « pied marin ».

La puissance des vagues déferlant sur les rochers ne l’est pas moins.

C’est tellement vrai qu’il y a quelques années un énorme tanker, circulant pourtant loin de la côte et vraisemblablement pris par une lame de fond, a « atterri » par-dessus les rochers, à quelques dizaines de mètres seulement de l’Hôtel de la Mer, où je réside maintenant lors de mes séjours de travail.

A la pointe de La Torche également la mer est, certains jours, d’une violence inouïe… ce dont les vacanciers ne se méfient d’ailleurs pas assez.

A cause d’elle j’ai failli perdre mon coiffeur de la rue de l’Ancienne Comédie qui, passionné de photos et se croyant à l’abri d’un gros rocher, a été emporté par une soudaine et énorme vague.

Je ne sais plus comment il s’en est sorti, mais je sais que ce ne fût pas en bon état.

Pourtant… que c’est beau Penmarc’h ou Tronoën du haut de la Pointe de La Torche ! (27 et 28) On peut rester des heures à contempler et à rêver… à peindre aussi. Bien que les vagues soient assez loin en bas, leur bruit est assourdissant et il s’y mêle celui du vent qui souffle en rafales. Dès que l’on se retourne pour regarder l’immensité de la mer, on se sent redevenir ce que l’on est : une minuscule fourmi par rapport à la Nature !