| Aujourd’hui
(1988) et depuis quelques années déjà,
Saint-Guénolé,
La Torche,
Tronoën, me retiennent davantage. Je n’aime plus autant ce que sont
devenus Lesconil et
Le Guilvinec, déjà trop industrialisés.
Saint-Guénolé reste un port à ma mesure… moins encombré, moins
rationalisé.
Assurément la Nature l’a protégé avec ses rochers et ses courants qui
font de l’entrée du port un dangereux passage.
Ceci me
rappelle qu’un jour où je dessinais cette entrée du port (aquarelle
29) une vieille Bretonne me raconta que, deux ou trois ans auparavant,
un chalutier qui amorçait sa rentrée avait été déporté vers les
rochers sur la gauche et que l’on n’a jamais plus revu ni le chalut ni
les marins.
La
force des courants est impressionnante, même vue de loin, car pour ma
part je reste prudemment sur la terre ferme, n’ayant pas du tout le
« pied marin ».
La
puissance des vagues déferlant sur les rochers ne l’est pas moins.
C’est
tellement vrai qu’il y a quelques années un énorme tanker, circulant
pourtant loin de la côte et vraisemblablement pris par une lame de
fond, a « atterri » par-dessus les rochers, à quelques dizaines de
mètres seulement de l’Hôtel de la Mer, où je réside maintenant lors de
mes séjours de travail.
A la
pointe de La Torche également la mer est, certains jours, d’une
violence inouïe… ce dont les vacanciers ne se méfient d’ailleurs pas
assez.
A cause
d’elle j’ai failli perdre mon coiffeur de la rue de l’Ancienne Comédie
qui, passionné de photos et se croyant à l’abri d’un gros rocher, a
été emporté par une soudaine et énorme vague.
Je ne
sais plus comment il s’en est sorti, mais je sais que ce ne fût pas en
bon état.
Pourtant… que c’est beau
Penmarc’h ou
Tronoën du
haut de la Pointe de
La Torche ! (27 et 28) On peut rester des heures
à contempler et à rêver… à peindre aussi. Bien que les vagues soient
assez loin en bas, leur bruit est assourdissant et il s’y mêle celui
du vent qui souffle en rafales. Dès que l’on se retourne pour regarder
l’immensité de la mer, on se sent redevenir ce que l’on est : une
minuscule fourmi par rapport à la Nature ! |