J. Feugereux

peintre graveur écrivain

Jean et la plaine de Beauce

 

 

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Jean Feugereux

Fresnay-L'Evêque

25 septembre 1923

Chartres

3 février 1992

peintre figuratif

de l'école française

a vécu et travaillé

à Paris et à Prasville

originaire de Beauce

Eure et Loir France

 

 

 

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© éditions Nanga 2010

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artiste - peintre - aquarelliste - graveur - thèmes (Beauce/Bretagne/autres) - galeries

 

 

Ce texte de Joseph Hudault (Formation de Jean Turoit, Librairie Perrin, Paris, 1912), publié quelques années avant la naissance de Jean Feugereux, ne semble-t-il pas lui correspondre parfaitement ?

 

Joseph Hudault, l’auteur de ce roman, était né à Paris en 1881. D’origine beauceronne et d’esprit religieux et élevé, il reprit, après des études de droit, une exploitation industrielle et agricole, créée à Voves par son père. Il tomba glorieusement à la tête de sa section aux Eparges en 1915. Maurice Barrès qualifiait ainsi ses romans (le deuxième a pour titre : Le Pavillon aux livres) : « qu’ils se placent tout naturellement comme Dominique (d’Eugène Fromentin), comme le Disciple (de Paul Bourget), dans la série des livres romanesques désireux de nous guérir du romanesque. »

 

Ces renseignements et l’extrait du livre ci-dessous proviennent de l’Anthologie des écrivains morts à la Guerre 1914-1918, tome premier, pages 361-367 (Bibliothèque du Hérisson) Malfère, Amiens, 1924.

 

 

 

 

 

 

 

 

« La plaine se révélait peu à peu plus belle aux yeux de Jean, comme si elle eût retenu ses charmes pour les seuls initiés. Il fallait longuement la contempler et vraiment la mériter pour qu’elle se dévoilât. Jean se laissait prendre peu à peu par la magie de ses grands horizons. Les éclairages en variaient l’aspect à l’infini. Tout à coup, du fond de la plaine, un nuage accourait et traversait le ciel, jetant l’ombre dans la lumière. En se rapprochant, il obscurcissait les premiers plans, tandis qu’un village lointain, un arbre, une meule sortait de l’ombre, et se découpait tout dorés sur l’horizon.

 

  « Lorsque Jean, par miracle, était libre, il s’en allait s’étendre dans les herbes folles qui garnissent les talus de la route de Chartres à Orléans. Il contemplait tous les détails qui se détachaient sur le ciel, en plein relief : un moulin à vent, un arbre isolé, un clocher d’ardoise et, au sommet d’une de ces vastes ondulations qui, pendant les manœuvres, dissimulent un corps d’armée, l’attelage fumant de deux chevaux de labour, émergeant du sol comme le char de Neptune au-dessus des eaux.

 

[…] « Le printemps était venu, et la plaine s’était revêtue d’un immense tapis vert. Les perdreaux s’envolaient par deux. Sur le bord de la route au milieu des herbes, constamment secouées par le vent de France, la monnaie du berger et des boutons d’or commençaient à fleurir. Un émouchet décrivait dans l’air de grands cercles.

 

 

 

 

 

 

 

 

[…] « La cathédrale était le pivot, le centre de ce paysage, où il n’y avait que le ciel et la terre, la terre et le ciel. Le gai soleil de mai lui donnait un air de fête dans ses fines dentelles, et le vent du nord apportait le carillon de ses bourdons, sur les vagues des seigles déjà hauts. Les cloches de Neuvry leur répondaient de leur voie menue, et leurs sons, confondus, s’en allaient se perdre, impondérables, au-dessus de la plaine sans obstacles, avec le bruissement des abeilles butinant dans les champs de sainfoins en fleur.

 

  « Car, en Beauce, presque tous les jours, le vent souffle, non pas le vent domestique, coupé par les boqueteaux et les collines mais le grand vent du large, généreux, sauvage comme la bise marine. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

actualités

 

 

Grâce à la disponibilité du diffuseur Centrelivres que nous remercions, vous allez à nouveau trouver les livres de Jean Feugereux dans les librairies et les maisons de presse de la région Centre.

 

 

Pour commencer les deux derniers parus : Derniers écrits et Jean Feugereux, Paysan !

 

 

 

Inutile de vous dire que j'y ai vu immédiatement une opportunité de sortir de mes cartons quelques projets de livres qui dormaient faute d'une réelle diffusion. Vous devriez donc voir dans les rayons une nouveauté dans les mois qui viennent.

 

Cette diffusion permettra également de renforcer le nouvel écho que nous souhaitons donner dans les toutes prochaines années à l'oeuvre de Jean Feugereux et à son esprit soucieux d'aider les autres artistes. Au début 2012, c'est en effet le vingtième anniversaire de sa mort et l'année suivante le quatre vingt dixième anniversaire de sa naissance.

 

A bientôt donc

 

Jérôme Feugereux

 

 

 

écrits du peintre

 

 

Le "Gris Bretons" est sorti des presses à la date prévue du 25 septembre 1991.

 

 

Ce petit livre rappelle très précisément que j'entre dans ma soixante huitième année... [en réalité sa soixante neuvième année !] si bien que dorénavant je ne pourrai plus me tromper d'un an ou deux en ma faveur, comme parfois j'aimais à le faire !

Avec ses quelques gravures et souvenirs bretons il a aussi marqué, par son arrivée, la fin de notre séjour à Léchiagat chez Jérôme, séjour assez court et davantage destiné à un changement d'air profitable qu'à un travail forcené.

J'allais en Bretagne pour me reposer, parfaire ma convalescence et réaliser de ci de là une aquarelle ou un dessin. Au rythme d'une ou d'un par jour je ne me suis pas trop fatigué.

Par contre j'ai regardé... et regardé un ciel constamment bleu, sauf une matinée, tout comme en 1954 lorsque je découvrais cette partie du Finistère sud, ainsi que je le rappelle dans le "Gris Bretons".

De toute façon, que le ciel soit bleu ou gris, cela ne change pas le fait que Le Guilvinec et Lesconil ont changé et davantage d'ailleurs que Saint-Guénolé.

Cette constatation n'est certes pas nouvelle mais les changements s'affirment au fil des années. Aujourd'hui, le port du Guilvinec, plus important et plus profond qu'avant, est envahi par un très grand nombre de chalutiers aux équipements de plus en plus modernes. Serrés, tassés les uns contre les autres et contre les quais, ils deviennent moins intéressants et surtout moins faciles à dessiner ou à peindre, à moins de réussir à en isoler quelques-uns.

A Lesconil, la nouvelle jetée permet aux chaluts d'accoster jusqu'au fond du port, là où, autrefois, l'on marchait à pied sec à marée basse.

Cette fois-ci je suis plutôt resté du côté de Léchiagat, où se trouve d'ailleurs un important chantier de réparation. Les chalutiers, montés sur le quai par un énorme engin se livrent dans leur totalité et certains sont impressionnants par leur hauteur et leur volume, ce dont évidemment l'on se rend moins bien compte lorsqu'ils sont à l'eau.

 

 

Après les indispensables entretiens et réparations, c'est là où les "artistes" bretons peignent de toutes couleurs les coques des bateaux.

Mais tandis que les estivants et les visiteurs s'agglutinent dans le port lors des retours de pêche journaliers, il est préférable d'aller au delà des jetées pour voir déferler depuis l'horizon l'armada des chaluts rentrant au port en fin d'après-midi.

Ils se suivent, se côtoient, se dépassent, d'autant plus chahutés et les coques ourlées d'écume blanche que la mer est plus forte. Une multitude de mouettes les accompagnent.

Comme il en sort chaque jour une bonne centaine, ces retours, qui s'échelonnent sur un temps relativement court, sont de toute beauté.

J'en ai tenté une aquarelle et je l'ai laissée à Jérôme.

A la sortie de Saint-Guénolé, en se dirigeant vers Pors Carn, si on longe la côte par un chemin desservant de belles et rudes maisons surplombant la mer, c'est également très beau.

Par contre, après la plage de Pors Carn, il faut dorénavant ignorer la pointe de la Torche qu'un "conservateur" imbécile a transformé en une sorte de crâne chauve et teigneux, avec piquets et allées pour les visiteurs... à discipliner ou... à parquer.

Passant alors au travers de la lande, l'on rejoint la chapelle de Tronoën. A défaut de visiter celle-ci, souvent fermée, on peut en regarder tout à son aise l'extérieur et le pardon en pierre en dégustant le cidre breton du café proche.