FEUGEREUX   la gravure au burin  

Jean (1923-1992) peintre-graveur

 

L'ARTISTE

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De tous les arts de la gravure, le burin est le procédé le plus ancien. Les burins de silex des hommes de la préhistoire n’avaient-ils pas déjà la forme des burins d’acier des temps modernes ? Mais c’est l’invention de l’imprimerie qui donna à la gravure son actuelle présentation sous forme d’estampe.

Le burin est une gravure « en creux », et ce sont ces creux – c’est à dire les « tailles » – dans la planche de cuivre (ou de zinc) qui retiennent l’encre après l’essuyage de la planche. Ce sont ces tailles – et uniquement – qui apparaissent lors du tirage.

Le graveur disposera d’une table, solide et bien équilibrée, munie d’un tiroir afin d’y ranger son matériel. Fixer sur cette table un châssis tendu de papier calque qui tamise la lumière et atténue l’éclat des tailles fraîches.

 

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© ADAGP  © JFE

 

Si l’on grave à la lumière artificielle, il convient de projeter la source de lumière sur le châssis qui est face au graveur. Ainsi, la lumière tamisée vient se refléter sur le cuivre.

 

Affûtage des burins

Il doit être parfait !

Dégrossir avec la pierre India. Terminer sur la pierre d’Arkansas.

Humecter la pierre avec une huile végétale de table.

Maintenir le burin bien à plat sur la pierre à huile. Polir la surface du burin par un mouvement de va et vient, dans le sens de la longueur sur la pierre.

Supprimer le « morfil » (barbes d’acier aux angles) par un affûtage léger des faces externes du burin posées à plat sur la pierre et sur toute leur longueur.

Un burin bien affûté pique l’ongle si vous laissez retomber la pointe sur celui-ci. Si la pointe glisse sur l’ongle, il faut recommencer l’affûtage.

 

Emmanchement du burin

Chauffer au rouge la partie non trempée du burin et la couder

 

(un morceau de pomme de terre transpercée par le burin évitera de détremper l’acier sur une trop grande longueur).

Enfoncer, bien d’aplomb dans le manche, la partie coudée en posant la pointe du burin sur un morceau de bois. Frapper avec un marteau sur le manche.

 

Conseils pratiques

A l’aide d’un carbone blanc, reporter « à l’envers » sur la plaque de cuivre le dessin de mise en page.

Le burin se tient dans le creux de la main. La paume donne la poussée, les doigts dirigent.

Poser l’index près de la pointe. Les autres doigts retiennent la lame ; ils doivent s’effacer pour ne pas dépasser le plan de l’outil.

La plaque de cuivre est maintenue par l’autre main.

Pour les taille courbes, faire pivoter la planche de cuivre sur un coussin de cuir (ou matelas de tissu) ; la main qui tient le burin doit rester immobile.

Des plus claires aux plus foncées, les valeurs sont obtenues par le jeu des tailles, plus ou moins rapprochées, croisées et recroisées.

 

Avant le tirage d’une épreuve :

— Ebarber soigneusement (dans le sens des tailles) à l’aide du grattoir tenu bien à plat, après avoir couvert la planche gravée d’un peu d’huile.

— Nettoyer la planche avec du white spirit.

— Essuyer.

— Astiquer la plaque au Miror (ce dernier noircit les tailles et permet de mieux juger du travail accompli).

Par respect pour son propre travail et pour celui de l’imprimeur taille-doucier, une planche gravée doit être présentée impeccable.

 

Les « états » sont des tirages successifs qui permettent de se rendre compte du travail effectué et d’apporter les corrections nécessaires.

La première épreuve étant toujours faible, prévoir deux épreuves de chaque état.

L’on peut corriger un état au crayon mine de plomb pour chercher l’effet désiré et faciliter le travail de gravure en vue de l’état suivant. La seconde épreuve, non corrigée, sera gardée comme témoin.

Il est d’usage de numéroter les états en : 1er état, 2e état, 3e… etc... et de les dater.

 

Tirage des épreuves

Le cuivre supporte le tirage de 30 à 40 épreuves. Au-delà, il faut faire aciérer la planche.

Les premières épreuves d’un tirage sont désignées en : Epreuves d’artiste.

La règle est de ne pas dépasser 1/6 du tirage pour les épreuves d’artiste, soit 5 pour un tirage sur 30.

Les trente épreuves du tirage seront numérotées (à gauche) de 1/30 à 30/30.

La signature figurera à droite et, le cas échéant, le titre de l’œuvre sera noté au centre.

 

Le graveur méticuleux établira une fiche par gravure réalisée, comportant les renseignements suivants :

 

Titre                                                   date                                             n°

Format de la planche                    Format du papier                   nombre d'épreuves d'artiste

Date des états successifs                                                                   nombre du tirage

 

 

 

Mentions particulières

 

 

  Au dernier trimestre de 1977, Jean Feugereux envisagea la création d'un centre d'art (le CFTA) dont l'existence fut relativement éphémère.

Ce fut pour lui l'occasion de mettre au point les programmes et même les lignes directrices des cours comme en témoigne ce texte.

Sur les quelque 300 gravures sur bois et sur cuivre de Jean Feugereux, certaines sont encore disponibles. Cliquez sur l'image ci-dessus pour en découvrir la liste.

L'image ci-dessus est un détail de la gravure Honfleur.