J. Feugereux |
peintre graveur écrivain |
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l'artiste |
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25 septembre 1923 3 février 1992 peintre figuratif de l'école française a vécu et travaillé originaire de Beauce Eure et Loir France
site des artistes écrivains & des écrivains dessinateurs
créés en hommage à l'artiste par Jérôme Feugereux
(livres et œuvres en vente)
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artiste - peintre - aquarelliste - graveur - thèmes - galeries
Dès son plus jeune âge, il dessinait les poules dans la cour de la ferme paternelle. Ses frères et soeurs devinrent ensuite ses modèles.
Mais c'est en 1939, en s'inscrivant à l'Ecole ABC de dessin par correspondance, qu'il commença vraiment à travailler le dessin sous la houlette du Maître Renefer qui, malgré l'importante différence d'âge, devint un véritable ami.
Les années d'apprentissage et la guerre passées, c'est en véritable professionnel qu'il aborda la "carrière" artistique. Suivant l'exemple de son Maître, et peut-être aussi ébloui par son arrivée dans la capitale, il fut séduit par Paris et les bords de Seine.
Bien vite, il revint à sa terre natale, La Beauce, qu'il ne cessa de peindre jusqu'à sa mort.
En 1954, toujours sur les conseils de son Maître qui devait disparaître trois ans plus tard, il découvrit la Bretagne et plus précisément le Pays Bigouden. Il y retrouva les grands espaces et une lumière encore plus forte que dans la plaine, elle aussi balayée par les vents : "l'océan des blés" (Charles Péguy).
Ces deux thèmes représentent à peu près le même nombre d'oeuvres et la plus grande partie de son oeuvre. Il aborda toutefois de nombreux autres thèmes.
Il n'eut pas les mêmes rapports avec les différentes techniques:
La peinture à l'huile fut certainement celle avec laquelle le combat fut le plus rude. Dédaignant très vite les ciels bleus trop froids (en terme de valeur alors qu'ils sont censés représenter la chaleur), il tenta les verts, les rouges puissants et même le noir. Ce fut avec les orangés, de plus en plus rouges vers la fin de sa vie, qu'il trouva son point d'équilibre vers le milieu des années 70. C'est cette période, qui choqua, qui semble être aujourd'hui la plus appréciée. Enfin il se libéra totalement dans la série des ciels des trois dernières années.
L'aquarelle ne lui posa pas tant de problèmes. Traité directement sur le sujet et dans une courte séance, contrairement à l'huile sur laquelle il travaillait parfois plusieurs mois à l'atelier, elle correspondait à son esprit vif. Peut-être aussi se trouvait-il plus à l'aise pour travailler dans ses champs qu'il avait cultivé dans sa jeunesse, sans compter le travail intensif imposé par son Maître Renefer. Il travailla sur les papiers les plus variés et jusqu'au format Jésus (56 x 76 cm), ce qui est une vraie performance pour une réalisation en une seule séance (la technique ancienne demande plusieurs séances avec à chaque fois la nécessité de mouiller l'aquarelle au dos pour conserver la transparence des couleurs). Les premières aquarelles laissent voir le blanc du papier entre chaque couleurs mais dès le milieu des années 70, les couleurs se chevauchent tout en conservant leur luminosité et les teintes chaudes dominent.
La gravure - Il aborda très tôt la gravure sur bois, technique où Renefer était un maître reconnu mais il n'en réalisa qu'une cinquantaine. C'est avec la gravure au burin sur cuivre qu'il trouva son véritable épanouissement. C'est le délicat René Gobillot, conservateur du musée de Chartres, qui lui conseilla d'aborder cette technique au début des années 60. Il en réalisa plus de 250 d'une grande puissance et parfois dans de très grandes tailles. Toutefois, et malgré les efforts de sa galerie, Le Nouvel Essor, spécialiste de cette technique, il resta en marge de la "confrérie" des peintres-graveurs dont il connaissait pourtant des membres importants dont certains étaient ses amis.
La lithographie, très à la mode quand il atteignait la cinquantaine, ne le tenta pas. A la vue de la seule planche réalisée, on comprend pourquoi. Il lui a manqué la rencontre avec un professionnel de talent pour le guider et son emploi du temps très chargé ne lui permettait pas de passer de longues heures dans un atelier extérieur.
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écrits du peintre
Dernière page de son dernier carnet
Le vent souffle en tempête et... j'adore cela ! Dans l'atelier les poutres grincent bruyamment et les sifflements sur le toit ne sont autres que le vent qui s'engouffre sous les ardoises. Par moment tout s'obscurcit et c'est un vrai déluge de pluie qui martèle les ardoises. Comme je suis, presque en permanence, assis sur le divan avec une patte allongée sur un tabouret et que je n'ai donc pas un labeur écrasant, il m'importe peu d'être subitement plongé dans la pénombre. C'est même mieux pour rêver et pour se détendre... encore que les douleurs dans la jambe et dans l'aine soient un constant rappel aux réalités du moment. Or, la Nature en colère correspond mieux à ces réalités qu'un temps calme et doux. Voilà pourquoi cela me satisfait de voir, au dehors, les hautes branches des bouleaux qui balayent le ciel de droite et de gauche, tout comme les essuie-glaces d'une voiture. Cela donne des rythmes, des balancements, qui accompagnent mes vieilles douleurs. En même temps, et curieusement, cela me stimule. Si cela ne sert présentement à rien puisque je ne peux pas faire grand chose, par contre cela fait renaître avec une certaine colère une question que je me pose depuis longtemps : Comment se fait-il que nous, Artistes peintres, graveurs, sculpteurs... nous ne soyons pas capables - par individualisme forcené - de dépasser nos petits problèmes de personnes, de salons, de tendances, au profit de notre profession toute entière ?
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