J. Feugereux

peintre graveur écrivain

Parlons d'aquarelle

 

 

site

 

 

Jean Feugereux

Fresnay-L'Evêque

25 septembre 1923

Chartres

3 février 1992

peintre figuratif

de l'école française

a vécu et travaillé

à Paris et à Prasville

originaire de Beauce

Eure et Loir France

 

 

 

actualités

 

présentation

 

l'homme

 

l'artiste

 

le peintre

 

l'aquarelliste

 

le graveur

 

l'écrivain

 

l'organisateur

 

ses amis

 

contact

 

sommaire

 

 

portail des artistes

 

 

créé en

hommage à l'artiste

 

 

 

 

© éditions Nanga 2010

© ADAGP

 

 

 

 

 

artiste - peintre - aquarelliste - graveur - thèmes - galeries

 

 

Ce texte de l'artiste  est le seul d'un carnet blanc. Il prévoyait d'écrire un livre entier sur cette technique qu'il maîtrisait parfaitement, de la petite aquarelle quasi miniature à la grande sur un format de 56 x 76 cm (dit Jésus) qu'il exécutait en une seule séance. Il affectionnait tous les papiers du très léger normalement réservé aux croquis à l'épais papier chiffon fait main.

 

 

 

Les manuels sont nombreux à offrir toutes les recettes de cette difficile et merveilleuse technique, à croire que l’on peut la dominer.

 

Je suis d’un avis contraire : on ne la domine jamais !

 

Tout le plaisir est là, parce que c’est chaque fois une aventure, chaque fois une découverte, et que cette incertitude est une excitation constante.

 

A vingt ans je faisais une aquarelle ; j’avais tout dit de ce dont j’étais alors capable et ― erreur de ma part ― je ne me posais pas de problèmes.

 

Quarante-cinq ans plus tard, après avoir fait des milliers d’aquarelles, je me dis que je ne sais rien encore et que l’aquarelle me surprendra toujours.

 

Pour cette raison il me paraît prétentieux de vouloir parler de l’aquarelle. Sauf pour dire qu’il n’y a pas de recettes miracles… ce qui mettrait un point final à mon discours !

 

Je parlerai donc plutôt de recherches continuelles, de tâtonnements, de réussites parfois, d’échecs souvent. Je parlerai, non pas d’expérience, mais de patience constante, assidue, passionnée. Je parlerai de la couleur, du papier, du temps qu’il fait, de l’humidité dans l’air sous des soleils de plomb… et même de la nécessité de fumer des Gitanes les jours de pluie pour activer le séchage.

 

Je parlerai aussi de cette force intérieure qui pousse l’aquarelliste à décider d’une nouvelle étude lorsqu’il croit avoir réuni en lui tous les éléments susceptibles de lui faire croire à une possible réussite.

 

Si vous attendez des secrets, des trucs, des recettes d’atelier, ce livre n’est pas pour vous !

 

J’ai seulement envie de m’adresser à des passionnés, à des amoureux, qui n’ont d’autre prétention que d’essayer d’être aujourd’hui un peu meilleur qu’hier, en sachant qu’il faudra qu’il en soit ainsi toute leur vie d’Artiste.

 

Celui qui n’a pas compris cela n’a rien compris et fera partie de cette cohorte de peintraillons exposant sans complexe leurs « œuvres » sur tous les murs en se donnant le titre d’Artiste.

 

Cézanne, lui, se considérait comme un amateur, parce que « amateur » cela veut dire « aimer » !

 

 

 

 

voir les thèmes abordés avec cette technique par l'artiste

 

 

 

 

actualités

 

 

Grâce à la disponibilité du diffuseur Centrelivres que nous remercions, vous allez à nouveau trouver les livres de Jean Feugereux dans les librairies et les maisons de presse de la région Centre.

 

 

Pour commencer les deux derniers parus : Derniers écrits et Jean Feugereux, Paysan !

 

 

 

Inutile de vous dire que j'y ai vu immédiatement une opportunité de sortir de mes cartons quelques projets de livres qui dormaient faute d'une réelle diffusion. Vous devriez donc voir dans les rayons une nouveauté dans les mois qui viennent.

 

Cette diffusion permettra également de renforcer le nouvel écho que nous souhaitons donner dans les toutes prochaines années à l'oeuvre de Jean Feugereux et à son esprit soucieux d'aider les autres artistes. Au début 2012, c'est en effet le vingtième anniversaire de sa mort et l'année suivante le quatre vingt dixième anniversaire de sa naissance.

 

A bientôt donc

 

Jérôme Feugereux

 

 

 

écrits du peintre

 

 

Le "Gris Bretons" est sorti des presses à la date prévue du 25 septembre 1991.

 

 

Ce petit livre rappelle très précisément que j'entre dans ma soixante huitième année... [en réalité sa soixante neuvième année !] si bien que dorénavant je ne pourrai plus me tromper d'un an ou deux en ma faveur, comme parfois j'aimais à le faire !

Avec ses quelques gravures et souvenirs bretons il a aussi marqué, par son arrivée, la fin de notre séjour à Léchiagat chez Jérôme, séjour assez court et davantage destiné à un changement d'air profitable qu'à un travail forcené.

J'allais en Bretagne pour me reposer, parfaire ma convalescence et réaliser de ci de là une aquarelle ou un dessin. Au rythme d'une ou d'un par jour je ne me suis pas trop fatigué.

Par contre j'ai regardé... et regardé un ciel constamment bleu, sauf une matinée, tout comme en 1954 lorsque je découvrais cette partie du Finistère sud, ainsi que je le rappelle dans le "Gris Bretons".

De toute façon, que le ciel soit bleu ou gris, cela ne change pas le fait que Le Guilvinec et Lesconil ont changé et davantage d'ailleurs que Saint-Guénolé.

Cette constatation n'est certes pas nouvelle mais les changements s'affirment au fil des années. Aujourd'hui, le port du Guilvinec, plus important et plus profond qu'avant, est envahi par un très grand nombre de chalutiers aux équipements de plus en plus modernes. Serrés, tassés les uns contre les autres et contre les quais, ils deviennent moins intéressants et surtout moins faciles à dessiner ou à peindre, à moins de réussir à en isoler quelques-uns.

A Lesconil, la nouvelle jetée permet aux chaluts d'accoster jusqu'au fond du port, là où, autrefois, l'on marchait à pied sec à marée basse.

Cette fois-ci je suis plutôt resté du côté de Léchiagat, où se trouve d'ailleurs un important chantier de réparation. Les chalutiers, montés sur le quai par un énorme engin se livrent dans leur totalité et certains sont impressionnants par leur hauteur et leur volume, ce dont évidemment l'on se rend moins bien compte lorsqu'ils sont à l'eau.

 

 

Après les indispensables entretiens et réparations, c'est là où les "artistes" bretons peignent de toutes couleurs les coques des bateaux.

Mais tandis que les estivants et les visiteurs s'agglutinent dans le port lors des retours de pêche journaliers, il est préférable d'aller au delà des jetées pour voir déferler depuis l'horizon l'armada des chaluts rentrant au port en fin d'après-midi.

Ils se suivent, se côtoient, se dépassent, d'autant plus chahutés et les coques ourlées d'écume blanche que la mer est plus forte. Une multitude de mouettes les accompagnent.

Comme il en sort chaque jour une bonne centaine, ces retours, qui s'échelonnent sur un temps relativement court, sont de toute beauté.

J'en ai tenté une aquarelle et je l'ai laissée à Jérôme.

A la sortie de Saint-Guénolé, en se dirigeant vers Pors Carn, si on longe la côte par un chemin desservant de belles et rudes maisons surplombant la mer, c'est également très beau.

Par contre, après la plage de Pors Carn, il faut dorénavant ignorer la pointe de la Torche qu'un "conservateur" imbécile a transformé en une sorte de crâne chauve et teigneux, avec piquets et allées pour les visiteurs... à discipliner ou... à parquer.

Passant alors au travers de la lande, l'on rejoint la chapelle de Tronoën. A défaut de visiter celle-ci, souvent fermée, on peut en regarder tout à son aise l'extérieur et le pardon en pierre en dégustant le cidre breton du café proche.